Propulsion Québec, la grappe industrielle des transports zéro émission, accueille favorablement la nouvelle Stratégie automobile canadienne présentée par le premier ministre Mark Carney, y voyant une avancée significative pour accélérer la transition énergétique dans le secteur des transports.
L’organisation souligne notamment l’annonce d’une Stratégie nationale pour les infrastructures de recharge dotée d’une enveloppe de 1,5 milliard de dollars, le retour des incitatifs à l’achat de véhicules zéro émission ainsi qu’un soutien accru à la transformation de l’industrie automobile par l’entremise du Fonds de réponse stratégique. Autant de mesures jugées essentielles pour créer des conditions propices à l’électrification des transports au pays.
Des objectifs ambitieux, mais exigeants
Propulsion Québec estime qu’une norme fondée sur les émissions de gaz à effet de serre pourrait contribuer à l’atteinte des cibles climatiques, à condition qu’elle soit suffisamment contraignante pour encourager les manufacturiers à augmenter l’offre et l’accessibilité des véhicules électriques. L’objectif d’un taux d’adoption de 75 % d’ici 2035 est qualifié d’ambitieux, mais l’organisme insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre rapide, tangible et sans échappatoires.
Au cours des derniers mois, la grappe a participé activement aux consultations entourant la stratégie, plaidant pour le maintien de cibles élevées, un déploiement accéléré des infrastructures de recharge à l’échelle nationale, la relance urgente des programmes incitatifs et un soutien renforcé à l’industrie afin d’en assurer la transformation.
« Il est impératif que le Fonds de réponse stratégique serve à appuyer et à encourager les manufacturiers automobiles dans leur transition, tout en favorisant la production locale de véhicules zéro émission, l’intégration de fournisseurs locaux ainsi que le développement d’une filière batteries et de minéraux critiques et stratégiques en sol canadien », affirme Alexis Laprés-Paradis, PDG de Propulsion Québec.

Sortir de l’incertitude
Alors que le secteur traverse une période de turbulences depuis plus d’un an, l’organisation rappelle que l’électrification demeure un levier central de croissance économique et de lutte contre les changements climatiques. La relance des incitatifs à l’achat dès le 16 février et l’adoption d’un nouveau cadre réglementaire applicable à partir de l’année modèle 2027 sont perçues comme des signaux rassurants pour le marché.
Selon l’organisme, une mise en œuvre rapide permettra d’offrir à l’industrie la prévisibilité nécessaire pour planifier ses investissements et ses capacités de production, tout en maintenant l’appui au déploiement d’infrastructures de recharge.
Un cadre réglementaire appelé à être robuste
Des normes fondées sur les émissions sont déjà en vigueur en Europe et ont démontré leur efficacité pour soutenir l’adoption des véhicules zéro émission lorsqu’elles sont suffisamment ambitieuses. Le futur cadre canadien devra ainsi envoyer un signal clair et structurant à l’ensemble de la chaîne de valeur, inciter les constructeurs à prioriser le marché canadien et stimuler les investissements en s’inspirant des meilleures pratiques internationales.
Le défi est de taille : le secteur des transports représente près de 23 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. Pour Propulsion Québec, l’électrification constitue donc un pilier stratégique afin de bâtir une économie plus durable, créer des emplois de qualité, renforcer l’indépendance énergétique et générer des bénéfices directs pour les consommateurs.
« Le Canada doit prendre pleinement part à cette révolution industrielle. Les décisions prises aujourd’hui façonneront l’industrie automobile pour les décennies à venir », conclut M. Laprés-Paradis. Propulsion Québec compte aujourd’hui plus de 215 organisations membres et concentre ses initiatives autour de trois filières : les véhicules zéro émission, la recharge et la batterie. Elle bénéficie notamment de l’appui financier des gouvernements du Québec et du Canada, ainsi que de partenaires institutionnels et industriels.

