Dans le complexe Dorso, à Québec, Clinique OVëlle s’impose rapidement comme un modèle à part dans l’écosystème de la santé. À sa tête, Caroline Drolet, infirmière de formation et ex-cadre supérieure au CHU de Québec-UL, incarne une nouvelle génération de leaders qui choisissent l’entrepreneuriat non pas par rupture idéologique, mais par souci d’impact.
Ancienne directrice du Centre mère-enfant Soleil, Caroline Drolet connaît intimement les failles du système public en santé de la femme. « Je sais que notre modèle d’affaires se développe dans un trou de service du secteur public », résume-t-elle. Une connaissance qui n’est pas théorique : elle est le fruit de plus de 23 ans passés dans le réseau.
Le déclic : transformer une intuition en projet structuré
L’idée d’une clinique dédiée à la santé globale des femmes ne date pas d’hier. « J’étais au Cégep et je rêvais déjà d’avoir une clinique de la femme », confie-t-elle. Mais c’est la pandémie qui agit comme catalyseur. Les suspensions de services, les listes d’attente qui s’allongent, les prises en charge tardives : le constat est brutal.
Plutôt que de dénoncer, Caroline choisit d’agir. « Je voulais offrir une autre option aux femmes. » Une option privée, certes, mais pensée en complémentarité de services avec le réseau public. “Oui, c’est du privé, mais ça libère aussi des places sur les listes d’attente. Notre valeur ajoutée, c’est l’investigation complète en amont : quand une anomalie est confirmée, notre référence est hautement pertinente et ainsi priorisée, ce qui accélère la suite dans le réseau.”

Au cœur des corridors de soins
La force de la Clinique OVëlle réside dans son rôle de pivot. Ici, on ne se contente pas d’un rendez-vous expéditif. Les consultations regroupent un examen physique complet et une analyse approfondie de l’historique médical, incluant les données disponibles via Dossier santé Québec. Cette évaluation permet d’établir un plan de traitement clair, une prise en charge personnalisée, un suivi disponible et accessible pour les patientes tout au long du processus.
Gynécologie, fertilité, troubles hormonaux, maladies vulvaires : la clinique intervient en amont avec une expertise pointue pour évaluer, investiguer et prendre en charge les patientes de façon intégrée. Dans la grande majorité des cas, cette prise en charge suffit. Plus rarement, lorsqu’une anomalie nécessite une surspécialité ou une approche interdisciplinaire, OVëlle oriente rapidement la patiente vers le bon corridor de soins, avec un dossier déjà bien documenté. « Nous sommes des spécialistes de l’accès », explique Caroline Drolet. Résultat : quand une référence en surspécialité est requise, plusieurs femmes sont vues au public dans un délai d’environ 30 à 60 jours.
Plusieurs examens sont couverts par la RAMQ et le suivi est assuré par l’équipe de la clinique, qui demeure accessible en tout temps. « Nous sommes dans une logique de prévention et de promotion de la santé. »
Une approche à 360 degrés, centrée sur la patiente
Avec une patientèle féminine à 98 %, âgée de 12 à 78 ans, la Clinique OVëlle mise sur une approche globale et humaine. « Ce qui est le plus apprécié, c’est que les femmes se sentent considérées », souligne la fondatrice. Accueillir les symptômes, expliquer les résultats dès leur réception, bonifier le plan de traitement dans les sept jours : chaque étape vise à redonner du pouvoir à la patiente sur sa santé. La clinique agit également comme référence éducative, en s’assurant que les femmes comprennent leurs conditions, leurs options et les impacts de leurs choix.
Autour de Caroline Drolet, une équipe qui partage la même vision. Christina Dumont, infirmière avec droit de prescrire, évoque la flexibilité et la qualité des soins permises par le modèle privé : « Ici, on peut prendre le temps avec chaque femme ». Carol-Ann Blouin, infirmière avec droit de prescrire, souligne quant à elle la richesse du travail en tandem avec les praticiennes spécialisées et l’autonomie professionnelle comme valeur ajoutée.

OVëlle : un nom, un sens, une vision
Le nom de la clinique n’est pas anodin. Inspiré des prénoms de ses deux filles, Olivia et Raphaëlle, « OVëlle » évoque aussi les éléments de fécondité chez la fleur. Une symbolique forte pour un projet profondément ancré dans la santé et la vitalité des femmes. La première clinique voit le jour à Lac-Beauport. Aujourd’hui, celle à Pont-Rouge, puis celle du complexe Dorso à Québec marque une nouvelle étape dans la croissance de l’entreprise.
Si Caroline Drolet possède une solide expérience en gestion, l’entrepreneuriat représentait un nouveau territoire. L’accompagnement de la Jeune Chambre de commerce de Québec joue un rôle déterminant, tout comme le prix Ascension remporté par la clinique, assorti de 61 000 $ en biens et services. « Un incubateur incroyable », dit-elle sans hésiter.
En un an et demi d’existence, la clinique affiche une croissance mensuelle continue, attire une patientèle provenant de régions éloignées et reçoit régulièrement des sollicitations pour s’implanter ailleurs, notamment dans des cliniques multidisciplinaires. Des alliances avec des fondations sont déjà en place (chaque infirmière intègre à sa pratique des soins pro bono) et des projets d’expansion en régions éloignées sont envisagés dès 2026.

Naviguer dans un milieu lucratif… avec éthique
Caroline Drolet ne ferme pas les yeux sur les dérives possibles du secteur privé en santé. « Il y a beaucoup de marketing, parfois sain, parfois moins. » Elle invite les femmes à se fier à des professionnels crédibles, transparents et à magasiner la clinique qui leur convient. « Ce n’est pas vrai qu’une hormonothérapie coûte 1 500 $ ou 2 000 $. Dans le même ordre d’idées, notre perspective n’est pas de faire payer des bureaux luxueux aux patientes. » Lucide aussi sur la réalité des start-ups québécoises, elle rappelle que la rentabilité se construit sur plusieurs années. « Le démarrage coûte cher, et le contexte n’est pas simple. »
Croire au public… en bâtissant autrement
Avoir quitté le réseau public n’a pas entamé sa foi en celui-ci. Au contraire. « Je crois encore autant au réseau de santé. » La Clinique OVëlle se veut un complément, un trait d’union, un modèle hybride qui répond à un besoin réel d’accessibilité. Une audace saluée par le milieu, portée par une conviction claire : améliorer concrètement la santé des femmes, ici et maintenant.Pour en savoir plus sur la Clinique OVëlle, cliquez ici.
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