Il nous reçoit dans son bureau avec enthousiasme et tout l’accueil qui fait sa réputation. François Lemieux, président de Lemieux Assurances, a bâti son entreprise sur des valeurs fortes et qu’il continue de transmettre quotidiennement à son équipe. L’entreprise compte aujourd’hui plus de 140 employés et le chiffre d’affaires dépasse les 140 millions de dollars.
À 14 ans, l’entrepreneur savait déjà ce qu’il ferait dans la vie. Assis sur les bancs du Collège de Lévis, il ne rêvait pas simplement d’un métier : il faisait un choix de vie qui semblait pour lui être une évidence. « Parfois, on arrive dans un domaine par accident. Mais pour moi, il y a une différence entre une profession et une carrière. J’ai fait un choix profond de carrière, de vie. » Ce rapport très tôt assumé à l’entrepreneuriat ne vient pas de nulle part, son père œuvrait lui-même dans le domaine de l’assurance. L’image qu’il en gardait n’était pas celle d’un métier contraignant, mais plutôt d’une vie épanouie. « Je voyais mon père heureux », dit-il.
Très rapidement, une évidence s’impose : il ne travaillera pas pour quelqu’un d’autre. Ce besoin d’autonomie, de liberté et de contact humain deviendra la colonne vertébrale de son parcours.

Bâtir dans un marché qui n’attend personne
Lorsque François Lemieux se lance en 1989, le contexte est loin d’être idéal. Sur la rive-sud de Québec, une douzaine de cabinets d’assurance sont déjà bien installés. L’espace pour un nouvel acteur semble, à première vue, inexistant. Les commentaires autour de lui sont sans équivoque. « On me disait que ça ne fonctionnerait pas. J’ai tout entendu ce que je pouvais entendre. »
Plutôt que de se laisser freiner, il adopte une posture qui deviendra sa signature : avancer, sans se comparer, sans se distraire. « Mes parents me disaient : regarde en avant, laisse faire les autres. Les autres vont se fatiguer. Je ne me suis sincèrement jamais préoccupé de mes compétiteurs. » Cette capacité à ignorer le bruit ambiant, à rester centré sur son propre développement, deviendra un avantage déterminant dans un marché hautement concurrentiel. « Je suis heureux pour leur succès, mais je ne vais pas faire des choix en fonction de mes compétiteurs », conclut-il.
Le terrain, encore et toujours
Les débuts se font sans filet. Peu de moyens, peu de ressources, mais une détermination inébranlable. François Lemieux part à la rencontre des clients, littéralement. Il fait du porte-à-porte, construit sa clientèle un contact à la fois, dans une logique presque militante. Cette approche directe lui permet de développer une compréhension fine des besoins réels de ses clients, bien loin des modèles standardisés.
Très tôt, il comprend que dans son industrie, la différence ne se fera pas uniquement sur le produit, mais sur la relation. « Il faut une approche humaine avec tes clients et avec tes employés. Il faut que les gens sachent que s’il y a un problème, je suis accessible et on va le régler. » Cette proximité n’est pas un discours. Elle devient une méthode, une exigence, une culture. Et surtout, une responsabilité personnelle. « À la fin de la journée, c’est mon nom sur la pancarte. »

Grandir, sans perdre le contrôle
Au fil des années, Lemieux Assurances prend de l’ampleur. L’entreprise structure ses opérations, élargit son offre et, surtout, adopte une stratégie de croissance bien définie : les acquisitions. Mais cette croissance ne s’est jamais faite de manière opportuniste ou précipitée. « On en est à 26 acquisitions… et j’en ai encore quatre ou cinq dans le collimateur », lance l’entrepreneur en souriant.
Pour François Lemieux, chaque acquisition repose sur un principe fondamental : comprendre profondément l’autre partie. « Je veux savoir pourquoi tu veux vendre. Si tu ne le sais pas, ça ne m’intéresse pas. » Derrière cette approche, il y a une conviction : une acquisition réussie ne se mesure pas seulement en chiffres, mais en alignement humain et stratégique.
Une discipline devenue système
Avec le temps, l’expérience s’accumule, les erreurs aussi. Certaines acquisitions auraient pu être évitées, reconnaît-il aujourd’hui. Mais plutôt que de freiner, ces apprentissages ont permis de structurer davantage l’organisation. « Quand on a commencé, notre procédé tenait sur une feuille. Aujourd’hui, on a un guide complet de dizaines de pages. » Un processus précis, étalé sur plusieurs mois, encadre désormais chaque intégration. Rien n’est laissé au hasard : communications, systèmes, relations avec les assureurs, transition des équipes. Et surtout, chaque acquisition est une ouverture à apprendre. « Dans 80 % des transactions, on apprend des choses. Ça fait grandir notre façon de penser. »
Dans un marché en consolidation, où les grands groupes prennent de plus en plus de place, François Lemieux défend une position claire : rester indépendant. « Des courtiers indépendants de ma grandeur, au Québec, nous ne sommes que trois. » Pour lui, cette réalité soulève un enjeu important pour l’industrie. « Je trouve que c’est un grave problème. »
Son indépendance lui permet aujourd’hui de travailler avec plus de 70 assureurs, de conserver une flexibilité opérationnelle et, surtout, de maintenir une objectivité dans ses recommandations. « Ma vie est basée sur l’indépendance », dit-il. Mais au-delà du modèle d’affaires, il s’agit d’un choix de vie.

L’humain comme rempart
L’arrivée des technologies, et plus récemment de l’intelligence artificielle, transforme profondément le secteur. Mais François Lemieux reste lucide sur leurs limites.
« L’intelligence artificielle n’est pas encore assez solide. Et est-ce que tu as vraiment le goût de faire affaire avec une machine qui ne connaît rien sur toi? » Dans un univers de plus en plus transactionnel, il croit que la valeur repose encore, et peut-être plus que jamais, sur l’humain. Compétence, écoute, communication : des éléments difficiles à automatiser. Et qui, selon lui, expliquent une grande partie du succès de l’entreprise. « On communique énormément. La clientèle apprécie ça. »
Dans ce contexte, le choix d’investir dans des espaces physiques peut sembler contre-intuitif. Pourtant, pour François Lemieux, il s’agit d’une évidence. « Je crois sincèrement à l’esprit d’équipe. Une équipe est plus forte ensemble que chacun chez soi. » L’ouverture de nouveaux bureaux à Drummondville s’inscrit dans cette logique : renforcer la présence locale, favoriser les échanges et maintenir une cohésion interne forte. Un choix qui reflète une vision à long terme, bien au-delà des tendances du moment.
Le temps qui change les priorités
Après plus de trois décennies en affaires, le regard de François Lemieux a évolué. Le rythme, l’intensité, les ambitions demeurent, mais les priorités, elles, se redéfinissent. « Je ne pensais pas à la santé quand j’étais jeune. Aujourd’hui, je réalise que ma richesse, c’est ma santé et ma famille. »
Entouré de proches de confiance, sa conjointe, ses partenaires, ses conseillers, il ne ressent pas la solitude souvent associée à l’entrepreneuriat. Et même s’il envisage de ralentir, il n’est pas question de s’arrêter. « Tant que j’ai la santé, je vais rester dans mon entreprise. »
Au fond, ce qui motive encore François Lemieux dépasse largement la croissance ou la performance. Il s’agit de construire quelque chose qui lui survivra. « Je veux laisser quelque chose. J’ai fait quelque chose pour moi, pour ma famille… et je veux que ça reste. » Une entreprise, oui. Mais surtout une manière de faire, une culture, une vision du travail où l’humain reste central. Et une ligne directrice, simple mais puissante, qu’il applique depuis ses débuts : « Réglons nos affaires… et laissons faire les autres. »
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